Les bien(mé)faits de la standardisation
Gare de cannes en cette fin de juillet Une voix annonce un retard voie 2 suite à des travaux de maintenance technique. Une voix identique à celle entendue en gare de Grenoble, de Lyon, Nantes ou Bourgoin Jaillieu. Une voix de femme, douce voire doucereuse, qui pause, parfois étrangement, entre les mots. Les étrangers de passage apprécient cette voix claire, aisément compréhensible, aux syllabes parfaitement détachées et sans ces variations sonores qui rendent parfois les accents régionaux si énervants. Vertu de la standardisation, à l'égale des Starbucks ou Mc Do qu'on apprécie parfois tant de retrouver au fin fond d'un quartier de Tokyo ou de Beijin. Voilà ce qu'on gagne... Mais où est passé cet intense plaisir à entendre, en guise de message d'accueil non les cigales qui trouvent mal leur place en gare, mais l'accent chantant du sud, précurseur d'odeurs, de couleurs à venir. On se disait dans ces moments qu'on y était, enfin, après cet interminable trajet en train qui nous offrait certes une vue magnifique sur le littoral, mais qui obstruait toute sonorité associée ; que les cigales allaient reprendre en cœur sur le même ton, avec le même accent trainant, le "vous êtees arrivé en garee de Cannes. Cannes, cinque minutee d'arré". En bien non... Heureusement qu'on ne peut standardiser ni les odeurs ni les couleurs ni la lumière. Enfin, pas encore...
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