Le moins contre le peu
Je marche le long des quais du Rhône. Il est 10 heures du matin. L'air est un tantinet frais. Un cygne nage a ma hauteur. Je suis bien.
Mais j'entends, tout d'abord au loin puis se rapprochant lentement, le bruit d'un moteur. Enfin, deux. Non, trois. Trois véhicules se suivent qui avancent presque a mon rythme. Ils sont chargés de nettoyer et astiquer les quais, ramasser les ordures. Ils m'accompagnent quelques dizaines de mètres avant que je ne cède et remonte vers la rue.
Certes, leur présence garantit la propreté du lieu. Certes, nettoyant à eux seuls la totalité du quai, ils incarnent une optimisation financière indiscutable. Mais en même temps, ils produisent un bruit et des odeurs (de gasoil) ruinant la qualité de l'expérience du site. Ils me rappellent d'ailleurs ces individus qui "ramassent" les feuilles mortes avec leur souffleur à moteur puant, bruyant et produisant un nuage de poussière insupportable. Un moins économique qui produit un plus sonore et auditif.
Les cantonniers d'autrefois, c'est au Japon qu'on peut encore les croiser. Mais nous savons bien que les Japonais n'ont aucune obsession pour l'optimisation économique, eux...