D'amis, point trop n'en faut
Il y a un domaine dans lequel tout le monde admet qu'on ait peu, c'est celui de l'amitié. Les discussions à ce sujet considèrent normal que nous ayons peu d'amis, de vrais amis, devrais-je ajouter. "Sur les doigts d'une main" revient fréquemment comme une valeur partagée qui, quand elle est dépassée, suscite une légère surprise balayée très vite par à peine plus élevé "sur les doigts des deux".
Facebook a-t-il changé la donne en inscrivant dans l'espace sociale une nouvelle représentation de l'ami dont le nombre, désormais, parait non seulement sans limite mais devient aussi une mesure de popularité ?
La traditionnelle acception de l'amitié relève d'une économie du peu au sens ou la relation amicale est incontestablement création d’enrichissement personnelle (bien entendu pas en terme de valeur monétaire - si on exclue les "affaires" qui animent régulièrement le PAF). Chacun sait que les relations amicales s'entretiennent, qu’elles s'affinent en qualité, qu’elles s’approfondissent, se bonifient avec le temps ; que l'on ne voit pas un ami 5 mn et qu'on aimerait que la discussion s'éternise ; que, donc, avoir trop d'amis nuit à la qualité des relations dites réellement amicales.
Connaissez-vous d'autres exemples où nous sentons que point trop n'en faut et que le plus est l'ennemi du mieux ?