Heureux détournements

Sacs plastiques fraichement nettoyés en train de sécher
Etrange d’associer deux termes si différents. « Détournement » ne rime-t-il pas fréquemment, entre autre, avec aérien, (de) mineurs ou (de) fonds, désignant toute une panoplie de crimes qui, en règle général, conduisent leurs auteurs vers des situations peu enviables.
Mais observons cet inventaire à la Prévert de détournements d’objets :
- utiliser une chaussette pour un gant de toilette
- utiliser un post-it comme marque page
- utiliser une bouteille vide comme rouleau à pâtisserie
- utiliser un savon comme crème de rasage
- utiliser une aiguille pour séparer les cils / mascara
- utiliser un string comme élastique pour cheveux
- utiliser la télévision pour s'endormir
- utiliser un morceau de papier pour se curer les dents (ou les ongles)
- utiliser un sac plastique comme poubelle
- utiliser un appareil photo numérique comme scanner
- utiliser le vernis à ongle pour raccommoder des bas
- utiliser les sacs des fruits et légumes comme sac de transport
- utiliser les pièces vides d'un appartement comme garde meuble
- utiliser une casserole comme couvercle d'une autre casserole
- utiliser un vieux tee-shirt pour laver les sols
Nous y trouvons plusieurs formes de détournements. Certains s’appuient sur les propriétés de l’objet pour en déplacer l’usage (aiguille, post-it, chaussette, vernis à ongle, etc.), d’autres prolongent la vie de l’objet au-delà de son usage prévu (sac plastique). Leur point commun, ce qui fait qu’ils sont tous des détournements, vient du fait que leur concepteur-distributeur-vendeur n’ont pas conçu et réalisé ces objets dans le but qui leur est ici assigné. Certains détournements sont plus évidents que d’autres (un string comme élastique pour cheveux) mais même le sac plastique n’a pas eu jusqu’à très récemment vocation à être réutilisé (ce qui a changé depuis qu’ils sont vendus). Le savon n’est pas vendu en magasin comme accessoire de rasage depuis que les produits spécialisés – mousse ou gel - ont été inventés.
Nous pourrions réduire ces usages à ceux d’une débrouille requise uniquement en économie de pénurie ponctuelle (je n’ai pas « ce qu’il faut » sous la main donc je m’en sors avec ce que j’ai) ou permanente (je n’ai pas d’autre choix que de vivre avec peu). C’est sans compter sur des raisons "positives" (en l’occurrence justifiées par autre chose qu'un manque).
Car certains détournent:
- Pour l’originalité, la créativité du geste : c’est notamment cette recherche d’une ingéniosité qui alimente des sites (en magazine associé) tel http://makezine.com/. Cela explique aussi l’attrait de l’art pour le détournement d’objets ;
- Par respect pour des objets qui, pouvant encore servir, mérite une deuxième vie, voire même une autre vie. Ce dernier point fera l’objet d’un billet sur ce blog)
Et vous, quels détournements pratiquez-vous et comment les expliquez-vous ?