Heureux détournements

Publié le par Raffi Duymedjian

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Sacs plastiques fraichement nettoyés en train de sécher         


Etrange d’associer deux termes si différents. « Détournement » ne rime-t-il pas fréquemment, entre autre, avec aérien, (de) mineurs ou (de) fonds, désignant toute une panoplie de crimes qui, en règle général, conduisent leurs auteurs vers des situations peu enviables.

 

Mais observons cet inventaire à la Prévert de détournements d’objets :

  • utiliser une chaussette pour un gant de toilette
  • utiliser un post-it comme marque page
  • utiliser une bouteille vide comme rouleau à pâtisserie
  • utiliser un savon comme crème de rasage
  • utiliser une aiguille pour séparer les cils / mascara
  • utiliser un string comme élastique pour cheveux
  • utiliser la télévision pour s'endormir
  • utiliser un morceau de papier pour se curer les dents (ou les ongles)
  • utiliser un sac plastique comme poubelle
  • utiliser un appareil photo numérique comme scanner
  • utiliser le vernis à ongle pour raccommoder des bas
  • utiliser les sacs des fruits et légumes comme sac de transport
  • utiliser les pièces vides d'un appartement comme garde meuble
  • utiliser une casserole comme couvercle d'une autre casserole
  • utiliser un vieux tee-shirt pour laver les sols


Nous y trouvons plusieurs formes de détournements. Certains s’appuient sur les propriétés de l’objet pour en déplacer l’usage (aiguille, post-it, chaussette, vernis à ongle, etc.), d’autres prolongent la vie de l’objet au-delà de son usage prévu (sac plastique). Leur point commun, ce qui fait qu’ils sont tous des détournements, vient du fait que leur concepteur-distributeur-vendeur n’ont pas conçu et réalisé ces objets dans le but qui leur est ici assigné. Certains détournements sont plus évidents que d’autres (un string comme élastique pour cheveux) mais même le sac plastique n’a pas eu jusqu’à très récemment vocation à être réutilisé (ce qui a changé depuis qu’ils sont vendus). Le savon n’est pas vendu en magasin comme accessoire de rasage depuis que les produits spécialisés – mousse ou gel - ont été inventés.


Nous pourrions réduire ces usages à ceux d’une débrouille requise uniquement en économie de pénurie ponctuelle (je n’ai pas « ce qu’il faut » sous la main donc je m’en sors avec ce que j’ai) ou permanente (je n’ai pas d’autre choix que de vivre avec peu). C’est sans compter sur des raisons "positives" (en l’occurrence justifiées par autre chose qu'un manque).


Car certains détournent:

  • Pour l’originalité, la créativité du geste : c’est notamment cette recherche d’une ingéniosité qui alimente des sites (en magazine associé) tel http://makezine.com/. Cela explique aussi l’attrait de l’art pour le détournement d’objets ;
  • Par respect pour des objets qui, pouvant encore servir, mérite une deuxième vie, voire même une autre vie. Ce dernier point fera l’objet d’un billet sur ce blog)

 

Et vous, quels détournements pratiquez-vous et comment les expliquez-vous ?


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Publié dans Bricolage

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V
Merci infiniment pour cette utile et précieuse information. Super votre blog, bravo !
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L
<br /> PS: avec le lien, c'est mieux: http://www.buglabs.net/<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Dans le domaine du hardware, une boite se specialise la dessus: Bug Labs<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Effectivement, il y a beaucoup de détournements dans le monde numérique.Les applications l'ont été par leur flexibilité plus grande que le matériel, du moins dans un premier temps. Je me rappelle<br /> par exemple de cours métrages faits en 3D avec le moteur du jeu vidéo Quake. Mais comme Laurent le dit, le matériel s'est à la fois flexibilisé et nomadisé. La nomadisation transforme les objets<br /> numériques en équivalent du couteau suisse qu'on a toujours sur soi, et la flexibilisation se manifeste par la possibilité d'ajouter des fonctions toujours plus nombreuses : calculette au départ,<br /> puis dico, jeux, etc. (un etc. toujours plus surprenant).<br /> <br /> Et oui, c'est une partie du bricolage... mais j'en parlerai en détail dans un prochain billet :-)<br /> <br /> <br />
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L
<br /> "utiliser un string comme élastique pour cheveux" ??? Jamais vu, mais je serais curieux ;)<br /> <br /> Ton post fait référence a des produits standards et une vision traditionnelle des fabricants.<br /> <br /> Dans mon monde (internet/techno), les visionnaires ont évolué vers cette notion du détournement, et ce concept devient même une bonne pratique business.<br /> <br /> 3 exemples:<br /> - Apple iPhone // le fabricant nous offre un outil doté d'un nombre infini de possibilités et nous laisse en faire ce qu'on imagine: un compas, une plateforme de jeu, un système de tracking pour<br /> coureurs, un système de vidéo-surveillance a distance...<br /> - Twitter // A la base, twitter est vaguement un système de chat multiuser public. Mais la vision des fondateurs a été d'ouvrir leur système via une API qui permet de faire ce que l'ont souhaite du<br /> service, ou plutôt de la plateforme. Rappels pour arroser des plante, annuaires par mots clefs, recherche en temps réel, live-twitting de concerts, ...<br /> - Développement AGILE // Il s'agit la d'une méthode de développement qui consiste a sortir des nouvelles version de logiciels le plus souvent possible, avec une incrementation constante des<br /> fonctionnalités, plutôt que de rendre de nouvelles versions publiques tous les ans, tous les deux ans ... Cette méthode est souvent accompagnée de "A/B Testing". Le but de l'AGILE Development est<br /> justement de suivre l'utilisateur en lui offrant en permanence des évolutions qui correspondent a son utilisation du produit.<br /> <br /> Dans ces 3 exemples, le createur du service/produit n'a qu'une vague idée deS utilisationS finaleS du produit et s'adapte au détournement.<br /> <br /> <br /> Tout ca rappelle un peu le bricolage, non ? ;)<br /> <br /> <br />
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